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:: Lundi 11 Février :: :_______[ Donovan - Atlantis ]
• Par excès d'enthousiasme je passe un casting le 22 Février pour une comédie musicale (oui monsieur), petit prétexte pour avoir l'appartement de papa pour moi & Clem entre deux auditions pendant les vacances ^-^. Et je postule aussi pour le prochain clip des London Buses, même si leur budget est serré. Je crois que "vous nous plaisez pour un des rôles" m'a l'air plutôt engageant, non? L'important est de se lancer des défis. Gra-gra.
• Mardi Soir à la Cafétéria Mansart, mon atelier de Danse Buto se présente à vous sous forme d'une pièce de l'absurde prévue en speed en 3h, je vous laisse imaginer le foutoir que c'était à la seule et unique répétition, 36 fous rires nerveux en salle et on se demande encore ce que ça va donner tout ça... *hum u_u*.
Jeudi 14 Février
Le jour de l'amour
Je suis faite à l'envers. Les choses qui m'apparaissent si simples (le soleil le bonheur comment ne pas aimer) sont souvent loufoques pour ceux qui m'abordent et me cisèlent de leur implacable pensée rationnelle; pourtant j'ai fait beaucoup d'efforts. J'ai compris que pour vous il n'y a pas de but à aimer marcher seul dans une ville. Que de dévoiler ses sentiments aussi proprement qu'un enfant, ça peut être si dangereux, si malsain de briser son égo en facettes en miroir (mon ami, veux-tu être mon ami?). Mais c'est impossible pour moi de reconstruire le miasme vaguement gluant et tristement noir qui entourait et engourdissait chacun de mes sens et de mes membres, chacune de mes pensées, je sais pas, dites vous que c'est comme si je vous demandais de revoir le monde à travers une peur dont vous venez de vous séparer. Comme si je vous disais de quitter l'amant qui vient à peine de faire battre votre coeur à nu. La même chose que répandre de nouveau la poussière aspirée méticuleusement une heure durant. Vous ne pouvez pas me demander d'être "un peu plus normale" quand ma normalité à moi se situe dans le fait de jouer dans des mirages, de romancer vos vies, d'aimer la rose et l'inconnu puis les dalles vérolées de chewing-gum de la rue.
Aujourd'hui, dans le bus, ma nouvelle aventure consistait à voir, debout près de la porte, les passants sur les trottoirs devenir de plus en plus petits tandis que le véhicule prenait de la vitesse, et dans ma tête le chauffeur n'écoutait pas FunRadio mais criait à la fille aux gants rouges de larguer les amarres: soudain nous voguions tous sur un fleuve rapide, trépidants d'excitation: la musique de mon mp3 s'emballait, la folk investissait le moment, le bus accélérait encore car les requins nous poursuivaient avec acharnement et la petite mémé sautait à la gorge de l'un deux en hurlant "J'vais t'étriper la bête WOUAAAH!". Soudain, le regard d'un jeune homme dans sa Clio me heurte à travers ma rêverie. Il voit que je le vois, alors il me sourit béatement. Je le fais jouer aussi, du coup. C'est le célèbre pirate aux 3000 trésors qui va lancer sa corde et investir notre bâtiment. Il veut se marier avec moi, mais je suis un mousse, un jeune homme, alors il devra être gay. Nooooon notre amour est brisé par les flots. Arrêt du bus. Arrêt du jeu. La Clio s'éloigne déjà. Ca me fait marrer.
Autour de moi les toits de Dijon brillent, gorgés de soleil. C'est si beau ici. Je déborde de tant d'amour. Dans mon carnet j'esquisse des visages et des mains, mon Coca Light posé à côté de moi. Je pense à l'envers. Commence par décrire ce que tu vois est souligné trois fois dans mon carnet. En parlant de liens, croyez-vous à l'unique? Ca m'a perturbé tard le soir, cette question. J'avais la lumière de la cuisine allumée et Clémentine dormait à côté de moi une main près du visage, et moi je rapprochais ma tête de l'énorme magazine que j'avais acheté, pour lire page après page des citations sur l'amitié. Au début je me disais: "ha celle là elle est bien, je ressens ça comme ça!". Et puis la deuxième: "c'est joli, ça, c'est vrai". Au bout de la 46ème, je me suis dit que finalement toutes ces citations sonnaient juste et sonnaient bien, et que vu que pas une n'abordait l'amitié comme l'autre, ça devait être que je les avais toutes expérimentées et reconnues au cours de ma vie, et que par conséquent l'amitié c'était tout ce tas de citations, là. Donc en gros toujours le même magnifique merdier, multi-facettes. Est-ce qu'on s'arrange pour choisir la citation qui nous convient à chaque moment de notre vie, ou est-ce qu'une chose est tellement simple qu'elle est tout à la fois? Je me suis dit que plutôt que de l'écrire, je préférai la ressentir, l'amitié. Et c'est là que Clémentine s'est réveillée, m'a regardé, et m'a dit: "Mais tu vas pas bientôt éteindre cette lumière putain!". Je l'ai jamais autant aimé (sauf quand nous sommes sorties par la fenêtre en pyjama pour acheter deux pains aux pépites). Vous pouvez pas savoir ce que ça fait d'être tellement en confiance avec quelqu'un d'autre que vous en êtes même au point de vous exprimer par grimaces et (limite) par télépathie. Et si vous le savez vous êtes forcément mon ami.
Je désire tellement peu: je veux juste tout de vous. Vous dans votre entièreté, vous tout nu, vous aux toilettes, vous et vos horribles défauts, vous et vos peurs, vous et vos peines, vous et vos vices, vous et vos émotions; tout ce tas de trucs là qui font peur dans leur resplendissante sincérité mais qui sont ma seule nourriture spirituelle quotidienne. Bizarrement, moi, ce sont les "Bonjour madame" de la caissière et les "Il vous reste 142 euros sur votre compte" qui m'angoissent, qui m'agressent. Les "Un artiste se doit d'être", "Il faut se laver les mains avant de", "Je t'avais bien dit que". Les Mots Prisons. Quand un regard vide d'expression se pose sur moi, c'est pire que de la timidité, je n'existe même plus. Le manque de tout me fait perdre ma substance, me heurte, assassine ma pureté, et plaintivement je me cache à tort et à travers sous un manteau miteux de superficialité où les mains des plus blasés m'étranglent. Mon bien être, tout nouveau, est encore trop faible. Personne ne se rend compte des trésors qu'il piétine à longueur de journée. Quand bien même, beaucoup ne comprendront pas si je leur dis que le crime le plus horrible à mes sens est celui des mots dont le détenteur n'a pas pesé la valeur avant de les lâcher. Le Vide De.
Aujourd'hui, jour de l'amour, j'aurais voulu mettre tous ces mots que j'entasse là dans une certaine boîte aux lettres d'un endroit que je ne connais même pas, et puis je me suis défilée, parce qu'en vrai je suis encore coincée sous l'identité morte des vieilles années. Pardonne moi, l'invisible, tu ne sauras jamais à quel point tu es mon ami.
Mais vous gagnez un texte de Saint-Valentin.
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:: Lundi 11 Février :: :_______[ Donovan - Atlantis ]
• Mon Bidule est parti à la neige depuis vendredi. Ca me perturbe, l'appart' sans lui. Et ce même si Clem passe 91% du temps avec moi, à faire des masques à l'argile, des bouillons, des Freddy Kruegeries et des tas de trucs insoutenables. Ha et, il fait beau, exactement le même soleil que l'année dernière au même mois... c'est un signe (c'est là que j'ai commencé à m'ouvrir un peu aux autres & à l'amitié) :].
• Par excès d'enthousiasme je passe un casting le 22 Février pour une comédie musicale (oui monsieur), petit prétexte pour avoir l'appartement de papa pour moi & Clem entre deux auditions pendant les vacances ^-^. Et je postule aussi pour le prochain clip des London Buses, même si leur budget est serré. Je crois que "vous nous plaisez pour un des rôles" m'a l'air plutôt engageant, non? L'important est de se lancer des défis. Gra-gra.
• Mardi Soir à la Cafétéria Mansart, mon atelier de Danse Buto se présente à vous sous forme d'une pièce de l'absurde prévue en speed en 3h, je vous laisse imaginer le foutoir que c'était à la seule et unique répétition, 36 fous rires nerveux en salle et on se demande encore ce que ça va donner tout ça... *hum u_u*.
Jeudi 14 Février
Le jour de l'amour
Je suis faite à l'envers. Les choses qui m'apparaissent si simples (le soleil le bonheur comment ne pas aimer) sont souvent loufoques pour ceux qui m'abordent et me cisèlent de leur implacable pensée rationnelle; pourtant j'ai fait beaucoup d'efforts. J'ai compris que pour vous il n'y a pas de but à aimer marcher seul dans une ville. Que de dévoiler ses sentiments aussi proprement qu'un enfant, ça peut être si dangereux, si malsain de briser son égo en facettes en miroir (mon ami, veux-tu être mon ami?). Mais c'est impossible pour moi de reconstruire le miasme vaguement gluant et tristement noir qui entourait et engourdissait chacun de mes sens et de mes membres, chacune de mes pensées, je sais pas, dites vous que c'est comme si je vous demandais de revoir le monde à travers une peur dont vous venez de vous séparer. Comme si je vous disais de quitter l'amant qui vient à peine de faire battre votre coeur à nu. La même chose que répandre de nouveau la poussière aspirée méticuleusement une heure durant. Vous ne pouvez pas me demander d'être "un peu plus normale" quand ma normalité à moi se situe dans le fait de jouer dans des mirages, de romancer vos vies, d'aimer la rose et l'inconnu puis les dalles vérolées de chewing-gum de la rue.
Aujourd'hui, dans le bus, ma nouvelle aventure consistait à voir, debout près de la porte, les passants sur les trottoirs devenir de plus en plus petits tandis que le véhicule prenait de la vitesse, et dans ma tête le chauffeur n'écoutait pas FunRadio mais criait à la fille aux gants rouges de larguer les amarres: soudain nous voguions tous sur un fleuve rapide, trépidants d'excitation: la musique de mon mp3 s'emballait, la folk investissait le moment, le bus accélérait encore car les requins nous poursuivaient avec acharnement et la petite mémé sautait à la gorge de l'un deux en hurlant "J'vais t'étriper la bête WOUAAAH!". Soudain, le regard d'un jeune homme dans sa Clio me heurte à travers ma rêverie. Il voit que je le vois, alors il me sourit béatement. Je le fais jouer aussi, du coup. C'est le célèbre pirate aux 3000 trésors qui va lancer sa corde et investir notre bâtiment. Il veut se marier avec moi, mais je suis un mousse, un jeune homme, alors il devra être gay. Nooooon notre amour est brisé par les flots. Arrêt du bus. Arrêt du jeu. La Clio s'éloigne déjà. Ca me fait marrer.
Autour de moi les toits de Dijon brillent, gorgés de soleil. C'est si beau ici. Je déborde de tant d'amour. Dans mon carnet j'esquisse des visages et des mains, mon Coca Light posé à côté de moi. Je pense à l'envers. Commence par décrire ce que tu vois est souligné trois fois dans mon carnet. En parlant de liens, croyez-vous à l'unique? Ca m'a perturbé tard le soir, cette question. J'avais la lumière de la cuisine allumée et Clémentine dormait à côté de moi une main près du visage, et moi je rapprochais ma tête de l'énorme magazine que j'avais acheté, pour lire page après page des citations sur l'amitié. Au début je me disais: "ha celle là elle est bien, je ressens ça comme ça!". Et puis la deuxième: "c'est joli, ça, c'est vrai". Au bout de la 46ème, je me suis dit que finalement toutes ces citations sonnaient juste et sonnaient bien, et que vu que pas une n'abordait l'amitié comme l'autre, ça devait être que je les avais toutes expérimentées et reconnues au cours de ma vie, et que par conséquent l'amitié c'était tout ce tas de citations, là. Donc en gros toujours le même magnifique merdier, multi-facettes. Est-ce qu'on s'arrange pour choisir la citation qui nous convient à chaque moment de notre vie, ou est-ce qu'une chose est tellement simple qu'elle est tout à la fois? Je me suis dit que plutôt que de l'écrire, je préférai la ressentir, l'amitié. Et c'est là que Clémentine s'est réveillée, m'a regardé, et m'a dit: "Mais tu vas pas bientôt éteindre cette lumière putain!". Je l'ai jamais autant aimé (sauf quand nous sommes sorties par la fenêtre en pyjama pour acheter deux pains aux pépites). Vous pouvez pas savoir ce que ça fait d'être tellement en confiance avec quelqu'un d'autre que vous en êtes même au point de vous exprimer par grimaces et (limite) par télépathie. Et si vous le savez vous êtes forcément mon ami.
Je désire tellement peu: je veux juste tout de vous. Vous dans votre entièreté, vous tout nu, vous aux toilettes, vous et vos horribles défauts, vous et vos peurs, vous et vos peines, vous et vos vices, vous et vos émotions; tout ce tas de trucs là qui font peur dans leur resplendissante sincérité mais qui sont ma seule nourriture spirituelle quotidienne. Bizarrement, moi, ce sont les "Bonjour madame" de la caissière et les "Il vous reste 142 euros sur votre compte" qui m'angoissent, qui m'agressent. Les "Un artiste se doit d'être", "Il faut se laver les mains avant de", "Je t'avais bien dit que". Les Mots Prisons. Quand un regard vide d'expression se pose sur moi, c'est pire que de la timidité, je n'existe même plus. Le manque de tout me fait perdre ma substance, me heurte, assassine ma pureté, et plaintivement je me cache à tort et à travers sous un manteau miteux de superficialité où les mains des plus blasés m'étranglent. Mon bien être, tout nouveau, est encore trop faible. Personne ne se rend compte des trésors qu'il piétine à longueur de journée. Quand bien même, beaucoup ne comprendront pas si je leur dis que le crime le plus horrible à mes sens est celui des mots dont le détenteur n'a pas pesé la valeur avant de les lâcher. Le Vide De.
Aujourd'hui, jour de l'amour, j'aurais voulu mettre tous ces mots que j'entasse là dans une certaine boîte aux lettres d'un endroit que je ne connais même pas, et puis je me suis défilée, parce qu'en vrai je suis encore coincée sous l'identité morte des vieilles années. Pardonne moi, l'invisible, tu ne sauras jamais à quel point tu es mon ami.
Mais vous gagnez un texte de Saint-Valentin.
![[Oooh Yeah!] © insanekirieh](http://d2.img.v4.skyrock.com/d26/yorochiku/pics/1513829948_small.jpg)