__ Samedi 5 Avril
__ Débarrasse-toi des carcasses.
° Premièrement: le physique.
En dehors tu fonds. En dedans tu t'écorches.
Un jour, tu lèves ton squelette en l'air; il n'y a même plus une miette qu'ils puissent t'enlever. Tout est fini. Les voix mortes se remettent enfin en terre ("dégage, gros tas!").
° Deuxièmement: l'âme.
___"Bah, tu fais quoi?"
___"J'me lave les dents, tu vois bien"
___"J'ai rien contre, mais on est dans un train, là!"
Du haut de la structure en béton, j'ai chanté pour ma normalité; je ne suis plus un point d'exclamation malvenu au milieu de vos phrases, juste une virgule entre deux mots.
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:: Maintenant que j'assume tout plein ma liberté, j'ai intérêt à ne pas oublier que "l'amour ne fait pas de sentiments", ma mère me l'a déjà dit 86 453 fois, mais c'est seulement depuis quelques temps que je dis non, et que je ne confonds plus naïvement le fait de Donner et de Se Donner. J'ai peut-être les mains qui tremblent avant chacun de mes rendez-vous, le coeur au ventre ou sur le bout des mots quand je crois que le sien bat au fond de son regard, oui, j'aime simplement saisir les couleurs et les saveurs de ce qui le compose, lui; pourtant, dans l'espace de mes pensées, seul vibre le ciel. A perte de vue.
Tu ne peux pas être, seulement te perdre
Ni ne peux demeurer, la terre marche vers sa fin dernière.
Tu ne peux amasser, tout or devient plomb,
Ni rien savoir, car c'est déjà imposture.
Tu ne peux qu'aimer.
Aimer est assez.
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__ Débarrasse-toi des carcasses.
° Premièrement: le physique.
En dehors tu fonds. En dedans tu t'écorches.
Un jour, tu lèves ton squelette en l'air; il n'y a même plus une miette qu'ils puissent t'enlever. Tout est fini. Les voix mortes se remettent enfin en terre ("dégage, gros tas!").
Il faut se recouvrir, ne plus prendre froid. Délicatement, on se réapprend, on se danse chaque jour. Saurais-je voir mon âme dans chacune de mes courbes? Des courbes qui montent au ciel. Et la lueur ambrée des yeux qui veulent chérir, t'enveloppent d'amour, de silences veloutés, forme sur ton corps les talismans secrets.
° Deuxièmement: l'âme.
___"Bah, tu fais quoi?"
___"J'me lave les dents, tu vois bien"
___"J'ai rien contre, mais on est dans un train, là!"
Du haut de la structure en béton, j'ai chanté pour ma normalité; je ne suis plus un point d'exclamation malvenu au milieu de vos phrases, juste une virgule entre deux mots.
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Stereo Total - Vilaines filles, mauvais garçons
Au fond de cette vallée coule un torrent
Il est l'image même de nos vingt ans
C'est à lui que nous devons cet air et ces façons
D'vilaines filles, mauvais garçons
Au fond de cette vallée coule un torrent
Il est l'image même de nos vingt ans
C'est à lui que nous devons cet air et ces façons
D'vilaines filles, mauvais garçons
*
Et les yeux dans les yeux tendrement nous nous dirons
Vilaines filles, mauvais garçons
Vilaines filles, mauvais garçons
:: Répétitions en série pour le spectacle du Festival de Printemps; ma robe est noire et brillante, vaporeuse. Le lendemain de la soirée insolite (3h du mat', Rom et Mic au milieu de la route et dans les arbres), il faisait beau par la fenêtre du théâtre universitaire, un soleil presque caressant. Je parcours des doigts les programmes tout en tendant l'autre main pour attraper une sucette, et de temps à autre inscris mon nom pour le bénévolat de tel jour, c'est à dire accueillir les gens, surveiller les couloirs, ce genre de choses. Entre deux sourires je continue ma lecture d'Edgar Allan Poe. Chez Romaric, les fraises achetées auparavant avaient avec un goût de tranquillité; en deux articles on ne le voit pas mais j'ai parcouru beaucoup de chemin en deux mois, j'ai même les dates en tête: celle de ma première soirée avec les "gens du buto" comme je les résume à ceux qui ne les connaissent pas, le road-trip à Clermont-Ferrand avec ses oiseaux de nuit, la date où j'ai su que j'étais bien tombée amoureuse, celle où j'ai rompu avec un passé entortillé dans mon présent, une autre enfin où ma mère est venue vivre à Dijon. Tout ça ne signifie rien, mais comme j'aime à puiser dans chaque détail des aides profondes et précieuses, j'ai changé. Beaucoup. Aujourd'hui dans les rues avec Clem on se marrait, parce qu'on est ressortie du Monoprix avec des gélules pour mincir, du thé pour mincir, du Coca Light pour mincir et de la crème chauffante pour mincir, tout ça d'un commun accord non formulé, juste parce qu'une fille qui doit jouer en sous-vêtement est pudiquement parfaitement exhibitionniste. Tsss :).
:: Maintenant que j'assume tout plein ma liberté, j'ai intérêt à ne pas oublier que "l'amour ne fait pas de sentiments", ma mère me l'a déjà dit 86 453 fois, mais c'est seulement depuis quelques temps que je dis non, et que je ne confonds plus naïvement le fait de Donner et de Se Donner. J'ai peut-être les mains qui tremblent avant chacun de mes rendez-vous, le coeur au ventre ou sur le bout des mots quand je crois que le sien bat au fond de son regard, oui, j'aime simplement saisir les couleurs et les saveurs de ce qui le compose, lui; pourtant, dans l'espace de mes pensées, seul vibre le ciel. A perte de vue.
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Ecrit au stylo vert sur un vieux billet de train Dijon/Valence:
Tu ne peux pas être, seulement te perdre
Ni ne peux demeurer, la terre marche vers sa fin dernière.
Tu ne peux amasser, tout or devient plomb,
Ni rien savoir, car c'est déjà imposture.
Tu ne peux qu'aimer.
Aimer est assez.
Ernst Bertram
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